Le Gardien du Pendentif.

Le Gardien du Pendentif.
(dessin rélalisé par Caroline ^_^)



Bonjour,

Bienvenue sur le blog du Gardien du Pendentif, tome 2 ^_^

Si vous êtes arrivé sur ce blog par hasard et que vous désirez lire le premier tome, voici le lien : Les Ombres Ardentes

Sinon, je vous souhaites une bonne lecture ^_^


Voici également des histoires que j'aime beaucoup :

- Les Chroniques d'Antéria Une super histoire d'une auteure sadique, Hellgirl ^_^

- Elya ou l'héritière des dieux célestes ainsi que Petites histoires d'Elynatou.

- La descendante des Dieux Dragons de Garnoule.

- La saga de Valmar par Srevi (ou Sagnamenn comme vous voulez ^_^)

et enfin...

- Les contes d'Ocarina d'un auteur flemmard qui écris la suite quand il y pense (et quand il en a vraiment marre de m'avoir sur le dos ^_^) j'ai désigné = Katakana
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# Posté le mercredi 29 août 2007 18:41
Modifié le dimanche 27 avril 2008 11:48

Prologue

Prologue
Coucou ^_^

Voici la nouvelle version du début du tome 2 ^_^ Bon, du coup je ne l'ai pas vraiment réécrite, j'ai rajouté des passages et j'en ai retravaillé d'autre, mais bon, vous me direz ce que vous en pensez ^_^

Bonne lecture.



Prologue






Bien le bonjour jeune homme. Bien dormit ? Non ? Comment cela ce fait-il ?
Ah, je comprends. Il est vrai que lorsque l'on n'est pas habitué à ce genre de bruit, cela peut déranger. Moi je n'y fait plus attention depuis le temps.

C'est un aigle, oui. Il a décidé de vivre dans le coin il y a de cela quelques années. Remarquez, il est bien ici, loin de la cohue de la ville.

Avez-vous déjà prit votre petit-déjeuner ? Ah non, non ! Je vous assure. Vous avez bien fait.

Mais dîtes-moi, quel empressement ! Je ne pensais pas que vous seriez si pressé d'apprendre la suite. Mais je vous prie de bien vouloir patienter encore un peu. C'est que je n'ai toujours rien mangé moi.

Que diriez-vous d'aller dehors ? Il fait un temps magnifique aujourd'hui. Et le bruit de la brise caressant les feuilles est si reposant. Cela bercera agréablement mon histoire, qu'en pensez-vous ?

Vous trouvez vous aussi ? Je dois avouer que je l'ai un peu fait exprès. L'idée d'une maison au milieu de la forêt me tentait bien, alors je l'ai fait. Enguerrand avait bien raison de s'y installer. Pour rester tranquille, il n'y a rien de mieux. Et puis la vie y est si agréable, loin des tourments de la vie quotidienne.

Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas m'éterniser. Je ne mange pas grand-chose le matin. Bien que je reconnaisse volontiers que d'habitude, je m'attarde longuement sur le paysage qui m'entoure, à rêvasser aux temps anciens...

Voilà, je suis prêt. J'espère que je ne vous ai pas fait attendre trop longtemps ?

Où en étions nous resté hier ? Ah oui ! Je me souviens à présent. Enguerrand venait à peine de terminer les épreuves du Sanctuaire, et nous venions de quitter Enoris et Aldaran après la cuisante défaite de l'Alliance. Mais il faut avouer qu'avoir pour ennemi la flotte Keltane, cela ne vous laisse guère de chance. Surtout s'il y a trahison.

La seule défaite des Keltans sur mer remonte à la toute première guerre entre Azurain et Keltania, c'est pour dire ! C'est d'ailleurs lors de cette bataille, surnommée la bataille d'Alganor – en référence au Roi d'Azurain de l'époque – que le Roi Keltan est mort, causant de longs siècles de guerre de succession...

C'est d'ailleurs peu de temps après que Kalheira quitta son Royaume pour créer les Îles Libres.

Qui est Kalheira ? Que suis-je bête ! Je ne vous ais pas encore parlé d'elle.

Voyez-vous, Kalheira était la fille du Roi Ernd. Celui-là même mort à la bataille d'Alganor. Lors de la succession, les grands Seigneurs de Keltania s'offusquèrent qu'une femme puisse diriger un tel pays. Pour eux c'était inconcevable. Néanmoins, la véritable raison d'un tel refus était tout simplement que chacun d'entres-eux désirait prendre la place du défunt Roi.

Pour arriver à leurs fins, ils firent tout ce dont ils étaient capables afin de l'écarter du pouvoir. Cependant, Kalheira était intelligente et très douée pour résoudre les problèmes, ce qui lui valait d'être très appréciée auprès de son peuple. Cela déplut grandement aux grands Seigneurs. C'est ainsi qu'ils décidèrent d'utiliser la méthode la plus vile qui soit en tentant d'attenter à sa vie.

Heureusement pour elle, elle échappa de justesse à la tentative d'assassina grâce à la prévoyance de l'un de ses plus fidèle ami. Mais ce jour-là, elle prit conscience qu'elle n'aurait pas indéfiniment une telle chance. Elle décida alors de s'échapper sur l'une des deux petites îles encore inhabitée entre les îles de Keltania et le Royaume Azurain. Elle espérait ainsi disparaître pendant un temps.

Vous voulez que je vous montre où se trouvent les îles ?

Attendez. Je dois avoir une vieille carte du continent qui traîne quelque part, je vais la chercher...

Ah ! Je l'ai trouvée ! Tenez, regardez. Comme vous pouvez le voir, ce sont deux îles d'assez petite taille. Kalheira est arrivée exactement à cet endroit pour être précis. Elle était à ce moment là seulement accompagnée par une mince escorte et quelques personnes lui étant restées fidèle. Ils ne devaient pas être plus d'une trentaine il ne me semble...

Je puis vous assurer que les débuts ont été rudes pour eux vous savez. Rien n'était construit. Il n'y avait aucune culture. Presque pas de gibier. Pourtant Kalheira ne baissa pas les bras et ordonna la construction de maisons auquel elle participa. Elle décida également de cultiver divers plantes médicinales qui se vendirent à prix d'or sur le continent. Surtout les feuilles de Lidhs qui ne poussaient presque pas sur le continent. Lors de ses ventes, curieusement, les différents entre les Keltans et les autres peuples du continent s'envolèrent. Cela donna ainsi une idée à Kalheira.

Au cours des siècles suivant, la rumeur voulait que sur ces îles, tout le monde, quelque soit son peuple, soit accepté sans préjugé. À condition toutefois de ne pas avoir commis de crimes ou autres délit majeur. Il revenait aux Sorciers de Kalheira de s'assurer si oui ou non, la personne était digne de confiance. Il n'en a pas fallut plus pour que rapidement la population grandisse.

Redoutant que cette popularité croissante ne provoque des jalousies en Keltania ou sur le continent, elle ordonna la construction d'enceintes puissamment fortifiés sur les deux îles. Elle en profita également pour les relier par un immense pont, lui aussi fortifié.

Le tout était magnifique, je puis vous l'assurer pour avoir vue des esquisses.

De cette île, naquit une puissante corporation de mercenaire, la meilleure de tout le continent, et aussi la plus intègre.

Ces îles étaient si puissantes, que personne n'osa jamais se risquer à les prendre d'assaut, s'était bien trop dangereux.

Mais revenons à notre histoire. Je vois bien que vous êtes pressé de savoir ce qui est arrivée à notre douce Cyliana. Malheureusement, je vais vous décevoir une fois de plus... Car nous allons tout d'abord faire la connaissance d'un certain Térédius...
# Posté le mercredi 29 août 2007 18:49
Modifié le dimanche 27 avril 2008 06:37

Chapitre Premier, première partie.

Chapitre Premier, première partie.
(Térédius)



Chapitre Premier






Le dernier tréteau était enfin installé. Térédius regarda autour de lui, satisfait. Il ne manquait plus qu'à disposer les nappes et les couverts et tout seraient fin prêt pour la fête. Il essuya la sueur maculant son front et s'apprêta à aider Mália et Elang à préparer les tables lorsque Celior l'interpella :

- Térédius, viens donc boire un coup ! Tu es resté tout l'après-midi à travailler au soleil, ce n'est pas bon.

L'homme au ventre proéminent et à l'allure joviale astiquait avec soin de somptueuses chopes décorées qu'il sortait d'une caisse poussiéreuses, avant de les reposer sur une table installée pour l'occasion devant son auberge afin de servir à volonté les futurs fêtards.

- Je dois d'abord les aider à installer.

Celior s'esclaffa en frappant des mains.

- Tu ne changeras donc jamais ! Tu penses réellement qu'elles ont besoins de toi pour installer des nappes et des couverts ? Elles sont assez grandes pour se débrouiller toutes seules. Tu en as déjà fait assez. Viens donc plutôt te reposer un peu, sinon tu ne seras pas en forme ce soir.

Conscient que cela ne servirais à rien de discuter, Térédius s'approcha de l'auberge et entra sur l'invitation de son ami.

- Assieds-toi et ne fais plus rien. Tu es revenu ici pour te reposer oui ou non ? Tu es à peine arrivé que déjà tu nous aides à tout installer. Ce n'est pas sérieux, ça ! Non, pas sérieux du tout.

L'aubergiste se dirigea en sifflotant gaiement derrière son comptoir et récupéra une chope qu'il s'apprêta à remplir avant de stopper son geste.

- Au fait, tu veux quoi ? Une bière, ou autre chose ?
- Une bière, merci.

Après l'avoir servit, Celior lui ramena la chope de son air éternellement gaie.

- Et voilà pour te remercier de ton travail. Maintenant reposes-toi, et va te préparer pour la fête.

Térédius grimaça ce qui n'échappa aucunement à l'aubergiste.

- Ah non, ne fais pas cette tête ! Tu dois venir ce soir. Ce n'est pas tous les jours que l'un des nôtres revient au village soldat de la Légion ! C'est un honneur que tu dois faire partager au reste des nôtres.
- Je comptais ne pas y assister pour cette raison... Mais je pensais que la fête était hier...

Une fois de plus, Celior s'esclaffa et envoya une claque dans le dos du jeune homme.

- Ah ! Tu n'as pas changé à ce que je vois. Toujours aussi tête en l'air mon pauvre.

L'aubergiste aperçut soudain du monde commencer à approcher sur la place et sursauta.

- Eh bé, je dois me dépêcher moi ! Toi aussi ne traîne pas trop.

Térédius acquiesça vaguement, l'esprit ailleurs. Comment avait-il pu se tromper ? Même d'un jour ? Depuis sa plus tendre enfance il était venu avec ses parents fêter Elrámir, la déesse protectrice de leur village.

Inquiet, il s'adossa à la fenêtre et regarda l'agitation qui avait soudain lieu sur la place. Déjà, de nombreux villageois arrivaient, vêtu de leurs plus beaux habits afin d'honorer la déesse. Il reconnu certains d'entres-eux comme étant de vieilles connaissances de ses parents. D'autres par contre, étaient des jeunes qu'il avait espéré ne plus jamais revoir.

Dépité, il chercha le meilleur moyen de s'enfuir au plus tôt de cette fête stupide.

Il pouvait prétexter être fatigué ? Mais cela ne passerait jamais. D'autant plus qu'il avait aidé à installer... Il n'avait pas non plus envie que les autres se moquent de lui à cause de quelques tréteaux... Ou alors il n'avait qu'à dire qu'il ne se sentait pas bien. Mais là aussi ils ne manqueraient pas de se moquer de lui, une fois de plus...

Agacé, il frappa la table de son poing. Pourquoi était-il si maladroit avec les autres ? Pourquoi avait-il fallu qu'il glisse ce jour là ? Pourquoi était-ce arrivé le jour ou il avait enfin eu le courage de l'inviter à danser ? Une fois de plus, il se prit à maudire ce jour qui l'avait couvert de honte. Il ne pouvait oublier le regard de sa cavalière alors qu'il se relevait précipitamment, honteux de sa maladresse, avant de s'enfuir sous les rires des autres...

Pour se calmer, il but de longues gorgées de bière bien fraîche avant de replonger son regard au dehors. Il aperçut un groupe de jeunes femmes approcher. Mais une seule d'entres-elles le fit sursauter. En l'apercevant, son c½ur s'emballa et une étrange sensation accapara son ventre. Il ne l'avait pas vue depuis quatre longues années. Quatre longues années pendant lesquelles il avait pensé à elle jour et nuit. Elle était si belle... Et lui qui avait bêtement cru qu'il n'était pas possible d'être encore plus belle... Il s'était lamentablement trompé. Alanae était devenue encore plus resplendissante qu'elle ne l'avait été, ce qui le laissait bouche-bée.

Ses magnifiques cheveux noirs virevoltaient librement autour de son visage délicat et brillaient de milles feux sous les reflets du soleil couchant. De fins sourcils surplombaient son regard mutin qu'accentuaient des lèvres toujours souriantes. Elle était vêtue d'une longue robe de bal rouge épousant parfaitement son corps svelte et délicat, le mettant en valeur. Et bien que le vêtement fût très simple, elle était sublime.

Térédius détourna brusquement le regard et s'écarta légèrement de la fenêtre, afin que personne ne puisse le voir. Les battements de son c½ur ne voulaient plus se calmer, loin de là. En repensant à la vision qu'il venait d'entrevoir, un frisson de bonheur le traversa. Il ne put s'empêcher d'espérer de nouveau.

Heureux, il ferma les yeux et rêvassa, s'imaginant danser avec elle toute la soirée. Il se voyait tremblant, la serrer dans ses bras, tout contre lui, et respirer jusqu'à l'ivresse son parfum si envoûtant. Ce rêve lui procura tellement de joie qu'il était prêt à l'embrasser. Au moment ou ses lèvres s'approchaient de celles tant désirée, il se vit glisser et tomber lourdement au sol, au milieu de tous qui ne tardèrent pas à se moquer de lui, hilares...

Il rouvrit les yeux paniqué alors que quelqu'un le bousculait fermement. Lorsqu'il aperçut le visage de Celior, son c½ur se calma quelque-peu.

- Et alors ? Tu roupilles ? Il est plus que temps d'aller te préparer ! Ça va bientôt commencer. Tu ne voudrais tout de même pas que la fête démarre sans son invité d'honneur tout de même ?
- Pardon. Je vais vite me préparer.

Térédius se leva en toute hâte et sorti de l'auberge le plus discrètement possible. Malheureusement pour lui, l'un de ses pires souvenirs d'enfance le remarqua.

- Eh, mais regardez qui va là ! Ce ne serait pas ce cher Térédius ?
- Mais si c'est bien lui ! Comment notre cher ami a-t-il fait pour rester en vie à la Légion ? Vous pensez qu'il se cachait derrière les autres ?

Tout le groupe applaudit avec ferveur la réplique de leur camarade en criant avec joie leur quolibet favori.

- Térédius, peureux ! Térédius, peureux !

Pendant que deux ou trois d'entre eux continuaient de crier, deux autres imitèrent sa plus grande honte...

Il préféra ne pas y porter plus attention alors qu'Alanae tournait son regard en sa direction. Il se dirigea le plus rapidement possible à l'extérieur du village et parcouru les quelques toises qui le séparait de la ferme de ses parents. Avant d'entrer pour se changer, il préféra aller se laver rapidement dans le lac derrière la maison.

Après avoir enlevé ses vêtements, il plongea dans l'eau relativement chaude. Il ferma aussitôt les yeux et détendit ses muscles courbaturés. Puis, pour ne pas perdre de temps, et bien que n'ayant pas de savon, il se nettoya du mieux qu'il pu afin d'enlever toute la crasse accumulée durant son long voyage. Une fois terminé, il ressortit et attendit quelques secondes que l'eau ait finie de s'écouler. Il ramassa ensuite ses vêtements et se rendit en courant vers la maison.

Il ouvrit la porte de derrière et vérifia qu'il n'y avait personne à l'intérieur. Soulagé, il se précipita au premier étage et se faufila discrètement dans sa chambre alors qu'il entendait la voix de sa mère provenir de la pièce à côté.

Une fois entré, la première chose qu'il remarqua fut son surcot d'arme, posé bien en évidence sur son lit. Sa mère n'avait pu s'empêcher de le nettoyer. À présent, il semblait comme neuf, sans ses éternelles traces de boue qui le maculait d'ordinaire. Il l'observa quelques secondes avec fierté. Comme seule une personne ayant passé toutes les épreuves de la Légion avec succès pouvait le vivre.

Pourtant, l'appréhension le gagna. Ce costume qu'il aimait tant porter d'ordinaire, allait être pour lui ce soir un véritable calvaire. Avec, il n'aurait plus aucun moyen de passer inaperçu... Tout le monde le verrait, le dévisagerait sans vergogne, et surtout, certains feraient tout pour le ridiculiser, comme toujours...

Prenant conscience qu'il se trouvait nu dans sa chambre et que quelqu'un pouvait entrer à n'importe quel moment, il commença à s'habiller. Une fois qu'il eut revêtu son pantalon, sa chemise et ses bottes tous aussi noirs les uns que les autres, il attrapa sa cotte de maille et la passa. Le poids du métal sur son dos lui procura un sentiment de sécurité. Avec, il se sentait capable de tout affronter, ou presque...

Alors qu'il terminait de placer son surcot, sa mère entra, fin prête pour aller à la fête. En le voyant ainsi vêtu, elle eut un hoquet de surprise.

- Oh ! Si un jour on m'avait dit que mon fils deviendrait un fier soldat de la Légion ! Que tu es beau ainsi habillé.

Émue, elle s'approcha de son fils et lissa le tissu noir, enlevant les faux-plis avec minutie. Quand elle eut terminée, elle vérifia une dernière fois que rien ne dépassait ou n'était mal mis, puis elle passa ses mains une dernière fois sur le blason et recula.

- Tu es parfait ! Tu vas faire impression ce soir.

Devant son regard peu convaincu, elle secoua la tête.

- Mais si, je te l'assure. Tu verras ! (Elle jeta un rapide coup d'½il en direction de la fenêtre et sembla soudain pressée.) Mais nous devons nous dépêcher d'y aller. Mália doit nous attendre ton père et moi. Ne traîne pas trop, sinon toi aussi tu vas être en retard.

Préférant ne pas y penser, Térédius termina de se préparer alors que ses parents s'en allaient. Après avoir attaché sa ceinture, ou exceptionnellement il avait enlevé son épée, il mit ses gants et attacha ensuite ses protections d'avant-bras.

Une fois sa cape revêtu, fin prêt, il respira un profondément et décida lui aussi d'y aller. De toute façon il ne pouvait pas y échapper...

Résolu, il sortit rapidement de la maison et se dirigea d'un pas rapide vers le village, constatant inquiet que le soleil avait presque disparu. Heureusement, il ne lui fallut pas plus de quelques minutes pour y parvenir. Juste avant, il s'arrêta une dernière fois afin de se calmer, redoutant au plus haut point ce qui risquait d'advenir...

En arrivant sur la place, il remarqua que tous les villageois étaient déjà présents et n'attendaient plus que le début des festivités. Le maire venait juste de monter sur l'estrade et s'apprêtait à commencer son discourt lorsqu'il aperçut Térédius à qui il fit signe d'approcher.

Térédius s'avança à contrec½ur, ne voulant pas créer de scandale. La foule s'écarta à son approche en le détaillant sous toutes les coutures. Certains murmuraient pendant que d'autres s'esclaffaient. Pourtant, il n'y fit aucunement attention. Seul comptait soudain pour lui la personne se trouvant devant l'estrade.

Alanae s'était retournée et l'observait intriguée. Son regard d'ordinaire espiègle le détaillait de bas en haut avec minutie, lui procurant une sensation étrange et enivrante. Un léger sourire, presque timide, déformait ses lèvres, pourtant il n'aurait su le définir. Il avait peur de mal l'interpréter...

Arrivé aux côtés du maire, celui-ci lui serra avec fermeté la main en le félicitant pour ce qu'il était devenu, la fierté de tout un village...

- Voici venu le temps d'honorer notre déesse protectrice, Elrámir ! Et quel signe plus glorieux que le retour de l'un des nôtres en tant que soldat de la Légion ! Quel plus grand honneur pour nous tous !

Légèrement en retrait du maire, Térédius était obnubilé par Alanae. Par deux fois il avait eut l'impression qu'elle le regardait, qu'elle continuait de le détailler. Rien qu'à cette idée son c½ur s'emballa une nouvelle fois. Se pouvait-il réellement qu'elle s'intéresse à lui ?

Immédiatement après le discours, tous furent invités à prendre place à table. Il savait grâce à Celior qu'il avait été placé aux côtés de ses parents, car personne n'avait su ou l'installer ailleurs.

Il se retrouva ainsi au beau milieu des anciens du village. Pour combler le tout, il découvrit avec dépit la personne lui faisant face. Ce n'était autre qu'une vieille connaissance de sa mère qu'il n'avait jamais réussi à supporter. Il s'en accommoda pourtant bien vite en apercevant Alanae de l'autre côté de la place.

Entourée de ses amies, elle semblait avoir une discussion passionnée. De temps à autre, elle replaçait derrière l'oreille une mèche de cheveux lui tombant sur le visage. Ce simple geste provoquait chez Térédius un sentiment d'extase. Ses mouvements étaient si délicats, si soignés et pourtant si simples, que les plus belles femmes de la cours ne lui arrivaient pas à la cheville en matière de raffinement.

Le repas se déroula comme tous les repas de fêtes, il dura longtemps et dans un brouhaha festif. Le maire fit servir un immense plat trônant entre les tables afin d'honorer la déesse. Puis, après avoir trinqué en son honneur, tous commencèrent à déguster les nombreux plats. La tradition voulait que chaque invités prépare quelque chose, et comme toujours, il y avait d'innombrables mets. Les villageois se prévenant les uns les-autres, rares étaient les plats en double, si bien qu'il y en avait pour tous les goûts. Seule la déesse avait le droit de goûter à chaque plat, et tous lui en donnait une part importante afin de s'assurer sa protection pour l'année à venir.

Térédius trouvait le temps long, même si pendant un moment il engagea la conversation avec une de ses voisines de tablée. Il s'agissait d'une vieille dame qui avait eu la gentillesse, lorsqu'il était jeune, de lui apprendre à lire et à écrire pendant que ses parents travaillaient aux champs ou à l'étable. Elle semblait ravie de savoir que son enseignement lui avait été utile, et il lui montra toute sa reconnaissance.

Alors que le banquet se terminait enfin, le maire demanda aux femmes de débarrasser assiettes, couverts et nappes, afin que les hommes puissent démonter les tables et préparer le lieu pour danser.

Térédius aida de son mieux, mais déjà, une boule se formait au creux de son estomac. Il redoutait ce moment qui approchait à grand pas. Il regrettait soudain que le repas ait déjà prit fin. D'ordinaire, n'étant pas marié, il était obligé d'inviter quelqu'un à danser et d'ouvrir la deuxième partie des festivités avec les autres célibataires. Mais cette fois-ci, se serait encore pire...

Tout en aidant à ranger les tréteaux, il regarda autour de lui les nombreuses jeunes femmes vêtue de robes rouge, signe qu'elles n'étaient pas encore mariées. Toutes semblaient déjà avoir un cavalier, et celles qui n'en avaient pas encore étaient aussitôt invitées.

Avec un fol espoir, il remarqua qu'Alanae semblait être seule. Il retint son souffle, hésitant. La dernière fois qu'il avait osé l'inviter, il avait été longuement encouragé par ses camarades, mais à présent, il se retrouvait seul. Ses amis étant tous partis en ville apprendre leurs futurs métiers.

Au moment où il eut enfin assez de courage pour s'apprêter à l'aborder, en suppliant pour qu'elle ait oubliée le malheureux incident qui avait eu lieu la dernière fois qu'ils s'étaient vu, l'un des jeunes qu'il ne pouvait pas supporter s'approcha d'Alanae et lui prit la main, lui demandant de bien vouloir danser avec lui.

Le c½ur brisé, Térédius serra fortement les poings pour refréner la tristesse qui l'envahissait inexorablement alors qu'elle acceptait avec un plaisir évident son invitation. Au même moment, ses yeux croisèrent les siens. Elle lui adressa alors un sourire et lui fit un bref signe amical de la main. Ce simple geste le réconforta quelque peu tout en le laissant dans sa peine.

Prenant conscience qu'il devait à tout prix trouver une cavalière avant que la danse ne commence, sous peine de se retrouver seul alors qu'il était censé, en tant qu'invité d'honneur, débuter la danse. Il chercha autour de lui et remarqua une jeune femme s'approcher, un sourire crispé sur le visage.

- Tu voudrais bien danser avec moi ?
- Je... Oui, bien sûr !

Elle sembla soulagée par sa réponse. Il le fut lui aussi, il n'avait pas eu à faire le premier pas.

Juste après, les musiciens s'installèrent sur l'estrade et le maire lui fit signe de s'avancer.

Suppliant de toutes ses forces que tout se passe bien, il prit le plus délicatement qu'il lui était possible la main de sa cavalière et s'aventura au centre de la place, sous les regards de tous. Il attendit ensuite nerveux le début de la musique. Il s'aperçut alors que sa partenaire était tout aussi agitée que lui, ce qui amplifia d'autant plus son trouble. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'une catastrophe soudaine allait arriver.

Quand la musique retentit, il chassa précipitamment son stress et commença hésitant ses premiers pas de danse. Il lui sembla entendre quelques gloussements dans l'assemblée mais rien de plus. Il resta néanmoins troublé tant que les autres danseurs n'entrèrent pas eux aussi sur la piste.

Lorsqu'enfin arrivèrent les couples de célibataires puis le reste des villageois, il se sentit un peu mieux. Au milieu de tant de monde, il espérait pouvoir passer inaperçu. Néanmoins, il faisait attention à ne pas commettre la même erreur qui lui avait valu des moments pénibles.

Lorsque la danse cessa, il remercia sa cavalière qui semblait soulagée elle aussi et se dirigea vers Celior qui servait à boire en affichant son éternel sourire.

- Eh ben petiot, tu t'es pas mal débrouillé cette fois-ci ! Tiens, bois un peu. Ça te donnera du courage.

Térédius prit la chope que lui tendais son ami et commença à boire de longues rasades de bière.

- D'ailleurs, tu vas en avoir besoin de courage j'ai l'impression.

Intrigué, il regarda l'aubergiste, attendant des précisions de sa part, mais à la place, Celior désigna d'un bref signe de tête quelque chose derrière lui. Il se retourna brusquement et marqua un sursaut de stupeur, manquant de lui faire renverser sa bière. Alanae approchait calmement de lui, et bien qu'il pensa d'abord qu'elle venait simplement boire, il changea aussitôt d'avis lorsque le regard franc de la jeune femme se posa sur lui et ne l'en quitta plus jusqu'à ce qu'elle arrive à sa hauteur.

Effrayé, il tenta de contrôler sa respiration qui s'affolait.

- Bonsoir ! Tu vas bien depuis tout ce temps ?

Abasourdi, il tenta de lui répondre, sans arriver à sortir le moindre mot. Plus le temps passait, et plus il s'affolait, se demandant comment il pouvait être si sot à ses côtés.

Comme pour le rassurer, elle prit de nouveau la parole, gardant le sourire.

- Tu as l'air en forme, et puis l'uniforme te va à ravir.

Comme une délivrance, il retrouva soudain l'usage de la parole.

- Merci...

Elle accueilli ce mot avec un sourire éblouissant. Son regard se posa sur son visage et le détailla lentement, lui provoquant des frissons indescriptibles. Il ne savait pas comment les interpréter, s'il s'agissait de simple curiosité ou bien d'autre chose. Pourtant, il était sûr d'une chose. Pour rien au monde il ne voulait qu'elle n'arrête.

Quand la musique cessa quelques instants, elle attrapa sa main, comme si elle n'avait attendu que cela. Ce contact imprévu le foudroya de plaisir.

- Tu viens danser ? On ne va tout de même pas rester planté ici !

Stupéfait, il regarda Celior paniqué qui fit semblant de ne rien voir. N'ayant plus aucun échappatoire, il vida d'un trait sa chope et la reposa précipitamment. Il se laissa ensuite entraîner au milieu des autres danseurs.

À peine avaient-ils entrepris les premiers pas de danse qu'il sentit de nouveau son c½ur s'emballer. Alanae avaient plongé ses yeux dans les siens et ne les quittaient plus. Bien que l'inquiétude de commettre une nouvelle faute restait présente à son esprit, le simple plaisir de danser avec l'élue de son c½ur balaya toutes ses craintes et l'emplit d'une allégresse sans fin. Il se sentit soudain joyeux et dansa avec elle plus aisément, prenant lentement un peu plus d'assurance, osant même afficher un léger sourire. Elle profita de ce moment pour se rapprocher de lui et de murmurer à son oreille :

- Je savais bien que tu n'étais pas aussi froid que les autres l'affirmaient.

Avant qu'il ne puisse répondre quoi que ce soit, elle déposa furtivement un baiser sur sa joue le paralysant de surprise. Elle s'arrêta également, un magnifique sourire aux lèvres, avant de l'attirer sur le côté afin de ne gêner personnes.

Elle plongea ensuite entre ses bras et se colla à lui, le laissant abasourdi.

Il avait du mal à réaliser ce qui lui arrivait. Sa joue irradiait d'une chaleur indescriptible, embrasant tout son corps. Une joie infinie l'enveloppait et seul la peur de se réveiller brusquement d'un si joli rêve était capable de l'inquiéter à ce moment précis. Mais, comme pour le rassurer, elle attrapa tendrement son visage entre ses mains et l'attira vers elle. Lorsque ses lèvres touchèrent les siennes, un frisson de plaisir le parcourut ne lui laissant plus aucun doute.

Fébrile, il l'enlaça et osa enfin lui rendre son baiser...
# Posté le samedi 01 septembre 2007 17:17
Modifié le dimanche 27 avril 2008 06:39

Chapitre Premier, deuxième partie.

Chapitre Premier, deuxième partie.
Perdu dans ses souvenirs si plaisant, il mit quelques secondes avant de revenir à la réalité.

Un vent frais lui caressait le visage. Un vent chargé de sel et de sable. Il aimait cette odeur, celle de la mer. Maintenant qu'il y repensait, cela lui rappelait son enfance, à attendre son père au port pendant qu'il partait vendre à prix d'or le surplus de ses récoltes aux Îles Libres.

Haut dans le ciel, les mouettes berçaient les alentours de leurs chants si disgracieux mais tellement reposant en ce jour.

Assi sur un rocher, face à la plage, Térédius profitait de cet instant de paix. Le seul depuis bien longtemps. Le soleil n'allait plus tarder à se coucher. Le ciel, teinté de rose, rendait le paysage idyllique, plongeant le spectateur dans une longue contemplation, le calmant étrangement. Depuis combien d'année n'avait-il pas prit le temps de contempler la nature qui l'entourait ?

Son enfant allait bientôt naître, après six ans de mariage. À cette idée, il se sentit heureux. Il avait hâte qu'il grandisse, afin de lui faire découvrir les joies de marcher pieds nus dans l'herbe fraîche par une belle matinée d'été. Il lui apprendrait à nager, à pêcher, à monter à cheval pour parcourir à toute vitesse les champs environnant leur maison. Ou tout simplement, ils se baladeraient en forêt, en famille, en fin d'après-midi, pour pouvoir observer les animaux allant manger. Il lui apprendrait à respecter la nature qui l'entourait, pour pouvoir profiter de sa beauté tout le long de sa vie.

Oui, il passerait autant de temps qu'il lui serait possible avec son enfant pour le voir grandir. Il en profiterait également pour passer plus de temps auprès d'Alanae, la prunelle de ses yeux, la seule personne qui le comprenait réellement. Lui qui avant ne se sentait à l'aise qu'au milieu des siens, regrettait à présent d'être si souvent loin d'elle.

Par jeu, il chercha ce qu'elle pouvait bien être en train de faire.

À cette heure, elle devait sûrement terminer de vérifier le potager, où alors, elle préparait avec soin une de ces succulentes recettes dont elle seule avait le secret. À moins que...

Non. Elle devait être avec Dahlia, sa jument. Il était sûr qu'elle lui avait désobéit. Malgré son état, elle était surement allée la voir, elle l'adorait. Quand il n'était pas là, elle passait son temps libre à ses côtés pour ne plus être seule... pour oublier son angoisse, sa peur...

La réalité le rattrapa implacablement, lui nouant la gorge... Il réalisa qu'elle devait pleurer en sa compagnie... Elle devait sûrement le haïr, lui, de ne pas être à ses côtés si proche de la naissance de leur premier enfant... Elle avait été si heureuse en lui annonçant qu'elle était enceinte. Ils l'avaient tellement désiré. Et lui allait tout gâcher...

Qu'il se haïssait de la décevoir à un moment pareil... Ils auraient dû être ensembles pour savourer ce moment, il le lui avait promis.

Mais lui était là, à des centaines de lieux de sa maison, au bord de cette plage à attendre une mort certaine. Quel drôle d'endroit pour mourir... Il ne verrait jamais son enfant. Une fille assurait la sage-femme. Elle gigotait beaucoup trop pour être un garçon d'après-elle.

Mais aujourd'hui, il devait mourir sur cette plage, au côté de tous ses frères d'armes... Il ne le regrettait pas. Il faisait ça pour la protéger. Mais qui allait s'occuper d'elle à présent ? Il l'avait abandonnée, la laissant seule pour élever leur futur enfant...

Pour la première fois, au moment de partir, il lui avait mentit. Il lui avait promis de revenir vivant. Il s'en voulait. Il n'avait pas eu le courage de lui dire la vérité, même s'il était conscient qu'elle n'était pas dupe...

Elle devait le prendre pour un lâche, mais il avait tellement désiré là voir sourire une dernière fois... Il avait désiré garder cette image d'elle, rayonnante de joie... Il avait toujours aimé chez elle ce sourire innocent, presque mutin.

Il passa une main sous son surcot et attrapa la mèche de cheveux qu'elle lui avait offerte à son départ, pour qu'il ne l'oubli pas et qu'il se sente moins seul. Il l'avait attaché à une lanière en cuir pour ne pas la perdre et ainsi pouvoir toujours la garder sur lui. Leur douceur lui rappela les caresses qu'elle lui avait prodiguées lors de leur première nuit. Elle avait été si douce.

Des deux, il avait été celui qui avait eu le plus peur. Lui, la brute. Le soldat tuant sans vergogne les ennemis du Royaume, avait eu peur pour la première fois. Peur de lui faire mal, malgré toutes ses précautions. Il se souvenait de la tristesse qui l'avait assailli quand il l'avait vu pleurer. Jamais de sa vie il n'avait autant prit conscience de sa sauvagerie qu'à ce moment là. Honteux, il lui avait demandé pardon de l'avoir tant fait souffrir.

Mais elle ne lui en avait pas voulu. Pour le rassurer, elle lui avait tendrement caressé le visage avant de l'embrasser. Tout cela, jamais il ne l'oubliera, même aujourd'hui, le jour de sa mort.

Quelques larmes s'écoulèrent le long de ses joues, se mêlant aux embruns envoyés par la mer. Elle lui manquait terriblement.

Qu'il avait bien fait d'acheter cette maison, en sûreté derrière la protection de Cerollin. Là au moins, elle était en sécurité et elle le serait toujours. Du moins il l'espérait...

- Capitaine. L'ennemi se prépare à débarquer.

Quittant des yeux les nuages légèrement rosées qui avaient bercée ses pensées, il baissa son regard sur la plage tout en essuyant ses larmes.

Ce qu'il y découvrit provoqua en lui un élan de colère tel qu'il n'en avait jamais connu. Comme il l'avait prévu, ils avaient choisit ce lieu pour faire débarquer le gros de la flotte. À perte de vue, les navires attendaient, se préparant à déverser leurs immondes troupes...

Il se releva calmement, replaçant la mèche de cheveux sous son surcot, en sécurité. Il quitta ensuite son rocher pour retrouver la terre ferme. Il ramassa son casque posé à ses côtés et le plaça sur son crâne. Il se saisit ensuite de son bouclier et délogea sa lance du sol avant de se retourner face aux soldats qui attendaient patiemment.

- Légionnaires, en formation serré. Aucun d'entres-eux ne doivent pouvoir franchir le rempart de bouclier que vous créerez !

Sans un mot, les légionnaires abandonnèrent leurs pensées et avancèrent aux côtés de leur chef, formant un mur compact de corps et de boucliers, fermant ainsi la brèche dans la falaise permettant de pénétrer au sein du Royaume de Derdahine. Huit rangées seulement de Légionnaires formaient la première ligne de défense dont les trois dernières, exclusivement composées d'archers, serviraient à harceler l'avancée de l'ennemi.

Un peu plus loin, derrière la Légion, se trouvait le gros des troupes de l'Alliance, défendant le sommet et attendant patiemment.

Devant, trois-cents cavaliers Elfiques se préparaient à monter à l'assaut. Ils seraient les premiers à attaquer et les premiers à se replier.

Térédius s'avança de quelques pas, contemplant les navires approchant des berges. Ils allaient tous mourir, tel était leur devoir.

Il se retourna et fit face à ses soldats. Il était fier d'eux. Tous étaient conscients de ce qui allait se passer. Pourtant, ils l'avaient suivis sans hésiter, prêt à donner leurs vies pour protéger ceux qui leurs étaient chers, que ce soit une femme, une fille, une mère, une s½ur...

Il planta sa lance dans le sol et retira son casque.

- Soldat de la Légion Éternelle. L'heure est venue pour nous de prouver notre valeur. De montrer aux armées de Khaos que nous ne reculerons jamais face à eux ! Que nous mourrons tous jusqu'au dernier pour défendre et protéger ceux qui nous sont chers !
» Notre Roi Eriandre nous a envoyé mourir loin des nôtres, mais sachez qu'ils ne nous oublierons jamais...
» Je vous demande de vendre chèrement votre peau ! De les Saigner à blanc. Qu'eux aussi, jamais ne puissent nous oublier !
» Légionnaires, êtes-vous avec moi ?

Un cri retentissant se fit entendre en réponse à leur chef. Tous avaient approuvé avec rage ses paroles.

Derrière, les soldats de l'Alliance avaient regardés, silencieux. Morose...

Térédius remis son casque et observa une dernière fois les navires ennemis. Ils commençaient à débarquer... Le temps était venu...

Alors qu'il reprenait sa place dans les rangs, les cavaliers Elfique s'élancèrent au plus près des ennemis. Arrivé à quelques toises, ils commencèrent à les harceler de flèches, les désorganisant complètement.

Mais cela ne servit qu'à les ralentir. Toujours plus de navire arrivaient, déversant des flots innombrables de soldats armés jusqu'aux dents.

Les cavaliers n'eurent bientôt plus de flèches et décidèrent de charger les soldats venant à peine de débarquer, sans leurs laisser le temps de s'organiser. Mais pendant qu'ils attaquaient d'un côté, d'autres s'organisèrent et tentèrent de les prendre en tenaille de l'autre.

- Sortez de là ! Vous allez être pris au piège ! Mais sortez !

Térédius eut beau hurler, les Elfes ne semblèrent pas entendre, si bien que rapidement, ils furent encerclés. S'engagea alors un combat au corps à corps d'une extrême violence. Au milieu de ce carnage, il n'arriva plus à discerner les Elfes à l'armure blanche. Il ne voyait plus que du noir et du rouge... Et toujours plus d'ennemis arrivaient sur la plage...

Soudain, une vingtaine de cavaliers et de piétons arrivèrent à sortir de cette masse compacte. Recouverts de sang, ils se replièrent précipitamment vers eux.

Térédius ordonna d'ouvrir un passage dans les rangs afin qu'ils puissent se mettre à l'abri.

Cependant, seuls les cavaliers eurent la chance de revenir vivant. Les malheureux à pieds furent tous rattrapés et sauvagement massacrés.

- Reformez les rangs, et préparez-vous ! C'est bientôt notre tour.

Effectivement, l'armée de Khaos, une fois réorganisée et fin prête à lancer l'assaut, avança lentement vers la Légion. Les premières lignes étaient principalement formées d'Elfes Noirs, faisant bouillir le sang de Térédius.

- Achevez-moi en premier ses infâmes traîtres ! Je ne veux pas qu'il en reste un seul de vivant à la fin de la bataille ! Ils sont peut-être les seigneurs sur mer, mais sur terre, nous sommes les seuls à décider qui va mourir !
» Archers, tirez !

Les premières flèches furent aussitôt lancées, tuant de nombreux soldats des premières lignes ennemis qui commencèrent à charger.

- Soldat, baissez vos lances. Pas de quartier !

L'ordre fut exécuté sans tarder.

Térédius attendit l'impact. Comme à son habitude, il redoutait ce moment. Le court instant séparant la charge du contact avec l'ennemi. Pendant ce laps de temps, il ne pouvait rien faire, laissant trop de temps à l'esprit pour se distraire. Pour tromper l'ennui, il raffermit sa prise sur la lance et assura ses appuis, afin de pouvoir supporter l'impact qu'il allait bientôt recevoir. Malgré cela, il ne put s'empêcher d'avoir une dernière pensée pour Alanae et son magnifique sourire...

Il rejeta cette image au moment même où la première ligne ennemi se jetait contre leurs boucliers. Ils reculèrent tous de plusieurs pouces mais ne cédèrent pas. De nombreux légionnaires furent obligés de déloger leurs lances des cadavres alors que Térédius, par réflexe, enfonçait déjà profondément la sienne dans la poitrine d'un Keltan. Sans perdre de temps, il la dégagea d'un coup sec pour aussitôt la replanter dans le corps d'un autre adversaire. Le légionnaire derrière lui, en faisait tout autant, prenant soin de tuer tous ceux qui arrivaient trop près.

Tout allait très vite, trop vite. Il y avait tellement de monde, que le corps à corps devint inévitable. La première ligne abandonna rapidement la lance au profit de l'épée, beaucoup plus maniable au cops à corps. Le sable sur lequel ils se battaient depuis le début ne pu bientôt plus absorber tout le sang versé en grande quantité, ennemi principalement.

Protégé derrière leurs boucliers, les légionnaires tenaient bon, provoquant de très lourdes pertes chez les soldats de Khaos. Pourtant, ils revenaient toujours plus nombreux, ne leur laissant pas le moindre répit. Et déjà, d'inquiétantes apparitions approchaient...

Des Garlocks adultes avançaient lentement. En plus de mesurer près de deux toises de haut, ces immondes créatures à la peau grise comme la pierre, étaient capables – d'après les légendes – de broyer d'une seule main un soldat en armure intégrale...

Les armes traditionnelles ne pouvaient rien contre eux. L'ensemble de leurs membres ainsi que leur visage étaient longés par des cornes les protégeant des coups. Leurs bustes étaient quant à eux, protégés par une épaisse carapace.

Heureusement, ils avaient de quoi lutter, du moins pendant un temps...

- Signal !

À peine l'ordre lancé, un flèche enflammée fusa dans les airs. Quelques secondes plus tard, un rugissement retentit, prévenant l'arrivée imminente des Dragons qui étaient jusque là resté caché.

Alors que les Garlocks approchaient dangereusement, les Dragons les rejoignirent et passèrent à l'action. Au cri de Térédius, tous les légionnaires s'agenouillèrent. La première ligne de soldats resserra ses boucliers devant elle alors que toutes les autres redressaient les boucliers au dessus de leurs têtes sans oublier de protéger la première rangée.

Une fois que ce fut fait, les Dragons crachèrent de puissantes gerbes de feu, dévastant les rangs ennemis sans aucune pitié. Seul les Garlocks résistèrent à ce torrent de feu et continuèrent même à avancer.

Quant aux légionnaires, bien que protégés, ils ressentirent la chaleur étouffante des flammes léchant leurs boucliers à maintes reprise.

Une fois que le champ de bataille fut libéré de la masse grouillante d'ennemis, plusieurs Dragons Noirs se posèrent au sol et se réunirent afin d'invoquer une prison de pierre qui sortit de terre, emprisonnant une grande partie des Garlocks. Deux Dragons Argenté survolèrent ensuite la prison et la firent exploser avec de puissants éclairs, tuant ainsi pour de bon les nombreux Garlocks enfermés.

Térédius poussa légèrement son bouclier pour observer le champ de bataille. En apercevant les rangs ennemis totalement désorganisé par l'attaque, il décida de tenter le tout pour le tout.

- Tout le monde en formation ! Les trois premières lignes, avec moi !

Alors que la quatrième ligne s'alignait en formation serré, Térédius s'élança, tailladant tous les ennemis sur son chemin, profitant de l'effet de surprise pour tuer le plus d'adversaire possible avant qu'ils ne puissent se réorganiser.

Les centaines de corps calcinés rendaient l'avancé périlleuse, manquant de vous faire trébucher, ou pire, tomber alors que vous étiez face à un adversaire. Mais les légionnaires progressaient rapidement, massacrant inexorablement tous ceux qui se trouvaient sur leur passage.

Cependant, alors qu'ils venaient de parcourir une trentaine de toises, plusieurs cris de sinistres augures retentirent au dessus de l'océan. Tous s'arrêtèrent et relevèrent la tête, inquiets.

Ce qu'ils y découvrirent les horrifièrent. Une centaine de Schverks approchaient avec rapidité. Les Dragons ne tiendraient pas longtemps face à eux, ils étaient à peine quarante, sans compter que les sombres créatures faisaient presque leur double.

- REPLIS !

Tous les légionnaires se hâtèrent de rejoindre le reste des troupes et de reformer les rangs au plus vite.

Alors qu'ils terminaient de se replacer en ordre de combat, ramassant les lances tombés au sol ça et là, les premiers Schverks s'élancèrent sur les Dragons. Des éclairs fusèrent de toutes parts dans le ciel, lancés par les Dragons Argentés afin de tenter de repousser les Schverks, mais malheureusement, cela n'eu que peu d'effet sur eux.

Les troupes de Khaos profitèrent de se répit bienvenus pour se réorganiser. Une fois prêt, ils repassèrent à l'attaque, les Garlocks en tête.

Térédius réalisa qu'ils n'avaient plus aucunes chances. Les Garlocks ne pouvaient êtres vaincu par eux. Ne désirant pas faire massacrer ses légionnaires inutilement, il eut une idée. Ce qu'il fallait faire, c'était avant tout de tuer le plus d'ennemi possible pendant que d'autres empêcheraient les Garlocks de passer... Ils allaient tous mourir de toute façon, autant que cela soit en se battant avec honneur.

- Première et deuxième lignes, tenez bon ! Les autres, contournez les Garlocks et tuez tout ce qui sera à votre porté !

Alors que les Garlocks passaient à l'attaque, les ordres furent exécutés. Un cri général fut lancé par les légionnaires pour se donner du courage avant d'affronter la mort.

Un Garlock s'approcha de lui, le regard noir, tentant de le balayer d'un coup de massue. Térédius se baissa et l'évita de justesse alors qu'il entendait les os du légionnaire à ses côtés se briser dans un craquement sinistre.

En se redressant, il ne pu malheureusement esquiver les longues griffes effilées du monstre qui le fauchèrent comme s'il n'était qu'une poupée de chiffon. Il fut violemment projeté au sol. Le choc lui coupa le souffle alors que son casque roulait à ses côtés, révélant une longue balafre saignant abondamment sur la joue gauche.

Sonné, il mit quelques secondes à se relever, le souffle court, permettant au Garlock de l'approcher sans difficulté. Au dernier moment, il bloqua un puissant coup de massue avec son bouclier. Le choc brutal l'obligea à poser un genou à terre alors que son bouclier volait en éclats. En se relevant, le bras douloureux, il distingua au dessus d'eux le corps sans vie d'un Dragon chuter du ciel.

Alors que le Garlock s'apprêtait à l'achever, il recula précipitamment et évita de justesse le cadavre qui écrasa le monstre. Cependant, cela n'avait pas été suffisant pour le tuer...

Le souffle court, il s'avança précautionneusement du Garlock alors que celui-ci réussissait lentement à s'extraire de sous le Dragon. Lentement, il continuait de s'approcher en tentant de ne pas se faire repérer par la créature.

À présent, le Garlock rampait laborieusement, incapable de se relever seul. Il criait en rejetant la tête de tous côtés, comme s'il appelait à l'aide.

À quelques pas seulement de lui, la créature le remarqua et hurla de rage en gesticulant dans tous le sens, essayant de se relever, en vain.

Rassuré de voir qu'il en était incapable, Térédius enleva calmement une lance planté dans un cadavre et refit face au Garlock. Il massa son bras douloureux et se concentra en contrôlant sa respiration. Puis, quand le Garlock hurla en sa direction, il envoya avec précision la lance dans la bouche béante de la créature.

À sa grande surprise, bien qu'elle pénétra de quelques empans elle ne le tua pas. Désireux de vite en finir, il s'élança et enfonça plus profondément encore la hampe dans la gorge du Garlock qui fut brusquement prit de violents soubresauts, l'envoyant une fois de plus au sol.

Dans le ciel, il ne voyait plus aucune trace de Dragons, ils étaient déjà tous mort. Les Schverks avaient à présent tout loisir de s'en prendre à ses valeureux soldats, les massacrants les uns après les autres.

En se relevant, il constata avec appréhension qu'il venait d'attirer le regard acéré de l'un d'entre eux.

Il dégaina et l'attendit de pied ferme. Une fois la créature à sa hauteur, il lui asséna un violent coup d'épée sur la gueule. La lame s'enfonça profondément dans ses chairs avant de se briser en plusieurs morceaux au contact des os.

Le Schverks blessé envoya un coup de patte lui lacérant profondément le corps. Il sentit plusieurs de ses os se briser sous la force de l'impact. Alors qu'il ne bougeait plus, le Schverk l'observa avant de repartir, le laissant pour mort.

Allongé au sol, incapable de se relever, la respiration difficile, Térédius regarda autour de lui. Tous ses légionnaires se battaient avec hargne, faisant tout pour tuer le plus d'ennemi possible avant de périr à leur tour. Avec une pointe de fierté, il remarqua qu'ils avaient réussit à tuer plusieurs Schverks.

Pourtant, une profonde tristesse l'envahit en découvrant qu'il ne voyait quasiment plus aucun de ses soldats...

Il cracha le sang lui emplissant la bouche et leva les yeux au ciel. Il faisait presque nuit à présent... Le ciel quasiment noir, masquait encore les étoiles, à son grand regret.

Il voulut inspirer une puissante goulée d'air, pour se calmer, mais cela ne sentait plus le parfum iodée si agréable de la mer. Seul un relent nauséabond de sang et de mort emplissait l'atmosphère... Tout ce qu'il connaissait, qu'il appréciait, était en train de disparaître...

Autour de lui, même le chant des mouettes avait cessé pour faire place aux cris des Schverks et de leurs victimes... Que leur chant lui manquait à présent... Il le trouvait soudain si mélodieux...

Son bras droit étant cassé, il tenta d'attraper la fine lanière de cuir sous son surcot du bras gauche. Avec difficulté, il la retira et l'arracha.

Il amena la mèche de cheveux devant ses yeux et la contempla une dernière fois. Il avait l'impression de la voir, elle. Elle lui souriait, lui tendait la main pour le ramener chez lui... Que ses cheveux étaient beaux. Qu'ils étaient doux... Il les respira pour se souvenir de leur si doux parfum une dernière fois. Il n'avait plus à hésiter, il devait la rejoindre. Il en avait tant envie. Dans un soupir, il tendit sa main afin d'attraper la sienne. Ses doigts était si délicats... Son sourire illuminait son visage, elle ne lui en voulait pas...

Alors qu'il s'envolait à ses côtés, l'image fugace d'une chambre lui apparu, révélant l'être aimé se réveiller en sursaut dans un cri de terreur sans fin...


Alors, qu'en pensez-vous ??? Si vous avez des remarques ou des conseils, je suis preneur, comme d'hab (et je ne mords personne, je vous donnes ma parole !!! ^_^)


Sinon, je suis désolé Hellgirl, mais ce n'est pas du tout ça le prénom ^_^

Azean c'est l'Elfe qui est partit aux remparts d'Ebnissia ^_^

Celui dont tu parles, c'est Girald avec son aigle Prima !!

Et dis moi, tu pensais réellement que j'allais te répondre ??? ^_^ (et oui je me souviens du pari, ne t'inquiète pas ^_^ D'ailleurs, on pari quoi ???)


Mais non je ne suis pas cannibale voyons, n'ai pas peur Hellgirl... Tu peux approcher sans crainte ^_^
Et comment as-tu trouvée ce passage ??? (eh eh, tu as réussit une première fois à contourner la réponse, tu ne le peux plus, tu es coincée ^_^)

Eh ben, je crains le pire tout d'un coup.... Dis-moi, il y a du monde que l'on connais dans cette bataille ???....

Moi faire des fautes d'orth ??? NON !!!! Tu as du te tromper Hellgirl, je t'assure ^_^ (bon par contre pour le reste je devrai me relire ^_^ (pour l'orth aussi d'ailleurs ^_^))

Oula, ça donne une autre version de la fin tout ça si je me réfère à mon passage ^_^ (d'ailleurs, j'ai imaginé une autre version possible de la fin de ton histoire pas triste aussi -_-" mais bon, je me réfère un peu trop à ma propre histoire en même temps...) M'étonnerais pas de toi que tout ce termine en immense boucherie... Perso, c'est pas le genre le fin que j'aimerai lire... mais à écrire... ça c'est une autre histoire ^_^ (Sachant que je déteste tout ce qui est traitre et compagnie... et la première idée que j'ai eut quand j'ai fait la nouvelle version de mon histoire, c'était une trahison -_-")
# Posté le dimanche 02 septembre 2007 13:32
Modifié le dimanche 27 avril 2008 06:44

Chapitre Deux, première partie.

Chapitre Deux, première partie.
Chapitre 2





L'étroit chemin traversant la forêt, victime des nombreuses allées et venues au cours du temps, n'était plus qu'un amas de sable, de pierre et de racines apparentes, rendant l'avancée éreintante et périlleuse.

Cependant, malgré l'épaisse obscurité masquant les obstacles jusqu'au dernier moment, Enguerrand n'en avait que faire. Bien qu'il risqua plusieurs fois de tomber, il continuait de courir sans jamais ralentir. Il n'avait plus qu'une obsession en tête, retrouver le plus rapidement Cyliana... et vivante...

À chaque pas, l'angoisse se faisait plus présente, plus insoutenable. Et ce chemin qui semblait ne jamais vouloir finir. Il ne se souvenait pas avoir tant marché pour rejoindre le Sanctuaire. Ses jambes avaient du mal à suivre le rythme qu'il leur imposait après toutes les épreuves qu'il venait de passer, mais il ne voulait en aucun cas s'arrêter.

À un tournant, il trébucha sur une racine et manqua une fois de plus de chuter. Alors qu'il reprenait de justesse son équilibre, quelque chose lui sauta sur le dos, le faisant violemment tomber au sol.

Sonné, il se releva péniblement, le corps douloureux. Il souffla un peu avant d'observer celui qui l'avait fait chuter. Il distingua devant lui, deux yeux rouge ainsi qu'une rangée de crocs acérés. La respiration saccadée de l'animal prouvait qu'il le pourchassait depuis un moment, mais trop préoccupé, il ne l'avait pas entendu venir...

En l'observant un peu mieux, il ne tarda pas à reconnaître un Selmion, avec sa carapace rouge, bardées d'épines tranchantes. Il en avait déjà affrontés en allant au village avec Cyliana et Nemaris et il en avait un souvenir mitigé.

Furieux contre la créature qui lui faisait perdre son temps, Enguerrand dégaina Ténèbre et s'élança sur lui avec la ferme intention de vite en finir. Le Selmion se révéla rapide malgré son poids. Il réussit à bloquer son coup d'épée avec sa puissante patte bien que la lame pénétra de plusieurs pouces dans sa peau. Furieux, la créature tenta de lui arracher le visage avec sa gueule.

Enguerrand réussit de justesse à l'en empêcher en retenant fermement son cou de la main gauche. Plus enragé encore, la créature tenta par tous les moyens d'attraper son visage avec ses crocs. Enguerrand résistait du mieux qu'il pouvait avec le peu de force qu'il lui restait, mais il ne cessait de reculer et de glisser sur le sable, lui faisant perdre l'équilibre.

Conscient qu'il n'allait plus pouvoir tenir longtemps, il chercha un moyen de se sortir de se mauvais pas. Il se rappela alors que ces pouvoirs étaient revenus. Se maudissant d'avoir été si stupide, il les libéra sans perdre plus de temps. Voulant se débarrasser au plus tôt de son adversaire il invoqua un sort relativement puissant.

À sa grande surprise, rien ne se passa. Le Selmion sembla au contraire s'énerver un peu plus et réussi à le faire tomber. Dans sa chute, Ténèbre lui échappa et il n'eut d'autre choix, quand la créature lui sauta dessus, de la retenir à bout de bras, bloquant son cou avec ses deux mains.

Alors qu'il évitait de justesse les griffes de la créature tout en continuant de bloquer sa tête qui approchait dangereusement de son visage, le Selmion sembla soudain crier de douleur avant de s'échapper brusquement de son emprise et de s'affaler sur le sol.

Enguerrand se releva essoufflé, ne comprenant pas ce qui venait de se passer. Devant lui, gisait à présent le Selmion mort, une bonne partie du corps carbonisée.

En voulant essuyer la sueur qui maculait son visage, il constata stupéfait que sa paume était d'une couleur rouge vif et dégageait une intense chaleur. Paniqué, il constata que son autre main était dans le même état. Ne comprenant pas ce qui lui arrivait, il renferma précipitamment ses pouvoirs en espérant que cela s'arrête.

Cela n'eut aucun effet. Il s'adossa contre un arbre, effrayé. Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Plus le temps passait, et plus la panique s'emparait de lui. Plus l'effroi s'emparait de lui, plus ses mains virèrent rapidement au rouge.

Conscient que sa peur ne faisait qu'activer cet effet, il ferma les yeux et tenta de faire le vide dans son esprit. Il décida de se concentrer sur sa respiration. Malgré cela, il ne put empêcher son esprit de se poser toutes sortes de questions sur ce qui allait se passer. Il changea alors de méthode. Il ferma de nouveau les yeux et se concentra sur un souvenir plaisant. Il repensa ainsi au moment où Cyliana avait dormis dans ses bras, à Sautour, peu après qu'elle lui eut révéler qui elle était. Il revoyait son visage si paisible. Ce jour-là, il avait su que plus jamais il ne pourrait vivre sans elle...

Peu de temps après, un autre souvenir, plus récent celui-là, remplaça le premier. Il s'agissait du moment, où juste après l'ouverture du Sanctuaire, elle l'avait embrassé. Jamais de sa vie il n'avait trouvé un moment si merveilleux. Bien que très court, il se souvenait de tout dans les moindres détails. Il revoyait les mains de la Keltane emprisonner sont visage avant d'approcher lentement ses lèvres des siennes et de les y poser délicatement pour un baiser fugace mais tellement passionné qu'il en frissonna de plaisir seulement en y repensant.

Qu'il avait hâte de la revoir...

L'esprit encore empreint de la tendresse de la Keltane, il rouvrit les yeux et constata rassuré que tout était enfin redevenue normal.

Alors qu'il ramassait Ténèbre, un léger bruit lui fit relever la tête. Une deuxième créature approchait lentement. Ne désirant plus se servir de ses pouvoirs, redoutant ce qui pourrait arriver, il resserra sa prise sur la garde de son épée et fit face à la créature, l'attendant de pied ferme. La créature s'élança dans un grognement. D'un geste vif, il se décala d'un pas sur la gauche et lui asséna un violent coup de taille juste derrière la nuque alors qu'elle arrivait à sa hauteur. Dans un dernier hurlement, la créature s'affala sur le sol.

Ne voulant plus prendre de risque, Enguerrand s'assura que plus aucune autre créature ne s'apprêtait à l'attaquer. Avec une pointe de soulagement il rengaina, n'ayant rien remarqué de suspect.

Après avoir repris son souffle, sans plus perdre de temps, il reprit son chemin. En marchant cette fois-ci, car trop fatigué pour courir. De plus, la nuit était à présent totalement tombée, rendant le sentier beaucoup moins visible qu'au départ. Il n'osa pas non plus utiliser ses pouvoirs pour éclairer son chemin, redoutant que cela ne dégénère une nouvelle fois. Mais à son grand soulagement, il arriva peu de temps après à la lisière de la forêt et distingua à quelques toises devant lui le paisible village.

Bien qu'il ne fût pas très tard, il ne trouva personne dans les rues. Tout était fermé et silencieux.

Dans l'obscurité, il ne retrouva que difficilement son chemin à travers les rues tortueuses qu'il ne reconnaissait que vaguement, n'ayant jamais fait très attention.

Après s'être un peu perdu, il arriva enfin devant la maison de Caleen et Meallán. Mais juste avant d'ouvrir la porte, il s'arrêta anxieux, redoutant ce qu'il allait découvrir de l'autre côté. Car malgré l'avertissement qu'il avait eut au Sanctuaire, il espérait toujours retrouver Cyliana vivante.

Il inspira puissamment, pour se donner du courage et entra hâtivement dans la maison. Il y régnait un silence pesant, l'inquiétant d'autant plus. Caleen était assise, Liare dans les bras pendant que Meallán attisait le feu, le visage sombre.

En le voyant entrer, ils approchèrent et le regardèrent silencieux.

- Où est Cyliana ? souffla Enguerrand à bout de force.

Inquiet, Meallán s'avança et posa une main sur son épaule.

- Viens t'asseoir, tu dois te reposer, tu m'as l'air exténué.
- Où est-elle ? hurla Enguerrand soudain terrifié.

Caleen avança en le regardant perplexe.

- Elle dort dans sa chambre. Elle avait besoin de se reposer après les épreuves.
- Pardon ? demanda Enguerrand hébété.
- Elle se repose... Après les épreuves, elle était épuisé, alors elle a prit la potion que tu m'as donné et elle est partie dormir. Elle ne s'est pas réveillée depuis, mais je pense que cela ne vas plus tarder.

Enguerrand avait peur de mal comprendre, il n'osait y croire.

- Elle... Elle n'a pas fait de crise ?

Caleen jeta un bref regard à Meallán avant de répondre.

- Non, pourquoi ?

La tension qui avait envahit Enguerrand depuis le début des épreuves s'envola soudain. À bout de force, il tomba à genoux.

- Une épreuve ! C'était juste une épreuve...
- Que veux-tu dire ?
- J'ai cru qu'elle était morte... Je t'ai vue avec Lusia à ses côtés la soutenir pendant sa crise ! Et la voix qui m'a prévenu qu'elle allait mourir...
- Tu ne pensais tout de même pas te débarrasser de moi si facilement.

Il se releva aussitôt, le c½ur battant la chamade. Il ne rêvait pas, cette voix. Définitivement soulagé, il reconnut Cyliana dans l'encadrement de la porte menant à sa chambre, le sourire aux lèvres. Il accueillit la Keltane dans ses bras alors qu'elle approchait.

- Je suis heureux de te revoir !
- Moi aussi ! Mais tu en as mis du temps.

Vexé par la remarque de la Keltane, il répliqua.

- Désolé.

Soudain épuisé et affamé, il s'écarta de Cyliana et prit une chaise.

- Je mangerai bien quelque chose, j'ai une faim de loup ! J'ai une de ses soifs aussi !

Alors que Meallán partait chercher de quoi manger, Cyliana s'installa à ses côtés, visiblement inquiète.

- Que c'est-il passé ? Tu as pu le prendre ?

Enguerrand passa une main sous son surcot et retira le précieux Pendentif qu'il dégagea de son cou avant de le poser sur la table.

- Le voici, et je suis bien content d'en avoir fini avec les épreuves, tu peux me croire !

Tous observèrent le Pendentif, soulagé.

- Et toi, tu vas bien ?
- Très bien maintenant que c'est enfin finit ! s'exclama Enguerrand ravis.
- Tiens, voici de quoi te restaurer.

Il remercia Meallán pour le repas qu'il venait de lui servir. Mais avant de commencer à manger, il se versa un grand verre d'eau qu'il bu aussitôt avant de s'en resservir un autre. L'eau lui fit le plus grand bien, le rafraichissant agréablement après cette longue journée. Il commença ensuite son repas avec un plaisir non dissimulé alors que tous le regardaient, attendant patiemment de savoir ce qu'il lui était arrivé.

Une fois son repas terminé, il marqua une pause, cherchant à récupérer un peu. Le calme revenu, ses bras et ses jambes le faisaient souffrir après l'intense effort qu'il leur avait fait faire. La fatigue se faisait également sentir. Il n'avait à présent qu'une seule envie, s'allonger et dormir un long moment sans plus être dérangé.

Mais il devait d'abord tout leur raconter... Alors qu'il se demandait par quoi il allait débuter son récit, il croisa le regard de Liare jouant sur les genoux de sa mère. Il n'avait pas très envie d'aborder le passage de la torture. Il s'agissait d'un souvenir assez pénible pour lui. Il n'avait pas hésité à la tuer... Et même si c'était pour se défendre, même si ce n'avait été qu'une illusion, il ne se sentait pas très fier de l'avoir fait sans même hésiter...

- Enguerrand ? Tu veux bien nous dire ce qu'il t'est arrivé dans le Sanctuaire ? demanda Cyliana inquiète de son silence.

Avant de commencer, il se servit un dernier verre d'eau. Puis, déterminé, il entreprit de leur faire le récit complet de sa journée. Tous écoutèrent silencieux, l'air grave, sans jamais l'interrompre. Avant chaque nouvelle épreuve, il marquait un temps, histoire de retarder au plus le moment fatidique où il devrait aborder le passage de la torture. Mais il fut rapidement obligé d'aborder le sujet. Il décida alors d'accélérer l'allure de son récit, tout en supprimant quelques détails. Pourtant, tous furent horrifiés, principalement Caleen qui serra sa fille dans ses bras. Une fois ce passage délicat passé, il reprit son récit à une allure normale.

Quand enfin il arriva à la fin, il souffla de soulagement.

Un long silence emplit la salle. Enguerrand en profita pour reprendre le Pendentif et le remettre à sa place.

- Tu ferais bien d'aller te coucher, conseilla Meallán, tu n'as pas l'air en très bonne forme.
- Je le crois aussi, confirma Enguerrand.

Il se releva lentement, le corps douloureux. Tous ses muscles étaient contractés, lui donnant l'impression de ne pas pouvoir utiliser ses membres correctement. Mais après quelques efforts qui lui parurent gigantesque, il réussit à retourner dans sa chambre après avoir salué tout le monde.

Une fois confortablement allongé sur son lit, cherchant désespérément le sommeil qui ne voulait pas venir, quelqu'un frappa à sa porte. Cyliana entra alors, une tasse entre les mains.

- Je me doutais que tu n'arriverais pas à t'endormir, alors je t'ai préparé une tisane.

Il se redressa sur son lit et prit la tisane que lui tendait la Keltane.

- Tu te sens bien ?
- Oui, ne t'inquiète pas. J'ai juste quelques douleurs aux bras et aux jambes, mais sinon je vais très bien, rassure toi.

Il but quelques gorgées de sa tisane fumante et reconnu aussitôt le goût de la valériane. Alors qu'il avait presque finit, il se rappela d'une chose inquiétante.

- Cyliana, en fait, j'ai bien une chose à te dire... Dans la forêt, j'ai du me battre contre un Selmion, et lorsque j'ai essayé d'utiliser mes pouvoirs, ils n'ont pas fonctionnés... À la place, mes mains sont devenues brulantes et l'ont complètement carbonisé...

Bien que la Keltane ne dise absolument rien, il avait pu voir son visage devenir excessivement pâle alors qu'il ne renvoyait plus aucune émotion.

- Cela a un rapport avec le Pendentif ?

La Keltane bien que réticente, finit par répondre.

- Oui... Ne t'inquiète pas. Tout ira bien. Nous réglerons ce problème demain.

Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit d'autre, Cyliana se releva en lui enlevant la tasse des mains avant de l'embrasser sur la joue et de partir précipitamment en lui souhaitant une bonne nuit.

Bien que l'attitude de son amie le troubla, Enguerrand préféra attendre le lendemain pour lui en parler, le sommeil le gagnant soudain...


ps: J'ai adoré ton com Hellgirl, j'ai bien rigolé ^_^ Mais pour ce qui concerne les sauvegardes, je te rassure, j'en fais des copies de copies ^_^ sur mon ordi d'une part, puis sur une carte SD (que je garde toujours sur moi en parano que je suis (on ne sait jamais si la maison crame...), puis sur un cd réinscriptible tous les mois et aussi les versions papier de tout (aussi bien de l'hisoire que des feuilles des persos ^_^), et enfin mon blog qui est en quelques sorte une copie aussi ^_^ tout ça depuis que mon ancien ordi m'a fait le coup le plus énervant dont je ne me suis toujours pas remis : 36 pages supprimé d'un coup !!!!! (et dont l'enregistrement automatique avait là aussi merdé -_-") Dont un passage que j'aimais trop !!!!! (et c'est extrêmement rare...) donc bon, depuis je sauvegarde toujours (enfin les seuls momens ou je zappe, c'est là que sa foire -_-", (je dois vaiment être maudit, les Keltans doivent certainement se venger de tout ce que je leurs fait subir !!! >_<)) Donc ça devrait être bon ^_^

Mais si tu as un lecteur de carte, prend une carte SD ou dans le genre, ça fonctionne mieux que les clés usb (la mienne ne fonctionne plus non plus ^_^)

ps2: Je pensais avoir le temps aujourd'hui d'écrire la suite de ce que j'aurai du mettre depuis samedi, et cela pour me faire pardonner... Mais voilà, j'ai été oligé d'accompagner ma soeur à sa fac car mademoiselle ne sait pas se débrouiller toute seule... Enfin bref, J'en ai profité pour voir que toutes les facs sont super bien organisée... Bon courage donc à tous ceux qui entre en fac ^_^

Ah oue,une info quasiment inutile, mais voilà, je me suis amusé à calculer le nombre d'heure de transport que j'ai par semaine... Vous allez rire, mais j'ai 16h30 de cours disséminé sur 4 jours et au minimum j'ai 14h00 de transport........................ C'est super d'habiter prêt de Paris T_T Je ferai peut être bien de m'acheter un ordi portable pour écrire dans le train ^_^

Enfin bref, bonne soirée ^_^


* Juste une petite note pour vous dire que dans mon bouquin des plantes médicinales, il y a une anecdote à propos de la valériane qui me fais beaucoup rire ^_^ "Pour attirer une femme, un homme doit fabriquer un sachet magique avec du poivre de cayenne, du patchouli et de la racine de valériane : il doit cueillir la valériane nu et sur un pied en prononçant le nom de la femme désirée" J'adore ce genre d'anecdote et de croyance, pas vous ??? ^_^

Sinon, si quelqu'un à une idée pour le nom de la créature en question, je n'ai pas eut le courage de le chercher -_-" (la flemme serait plus exacte ^_^)

Foudroyé sur place, l'auteur réussit à faire quelque pas avant de s'effondrer au sol, un poignard planté dans le dos, Hellgirl préfère l'ancienne version... Achevez-moi tout de suite !!! Pitié !!!!

Je plaisante Hellgirl ^_^ Je dois t'avouer que le passage d'Enguerrand est celui que j'aime le moins pour l'instant ^_^ Mais qu'est-ce que tu aimes moins dans cette vesion ? Pour savoir un peu ^_^ (et j'ai mis la suite, parce qu'elle était courte et que ça faisait un peu bête de la mettre après ^_^)

Sinon, as-tu relu le prologue ??? C'est lui qui a eut le plus de changement (enfin rien de bien important, même rien du tout, c'est juste la situation initiale qui a un peu changé ^_^) Quant au passage de la Légion, j'ai ajouté 2 - 3 choses aussi ^_^

Pour "Sarlik", tu vas rire (enfin je n'en sais rien ^_^) mais je ne vois pas ce nom pour la créature, mais plutôt pour un perso ^_^ (d'ailleurs, ça tombe bien, car vois-tu, je pensais avoir trouvé tous les noms de perso, mais en fait non, j'en trouve toujours un qui manque -_-" je dois t'avouer que je ne sais pas vraiment comment je fais... J'ai déjà 109 persos... (euh je viens de compter à l'instant... Moi j'étais resté à 84...) je te rassure tout de même, certains ne vont pas apparaitre, c'était juste pour créer les dirigeants des différents Royaume etc... Et il y en a d'autres qui ne feront que passer ^_^
D'ailleurs, tu ne te perds pas avec tous ses noms ???)

En tout cas, merci beaucoup de t'être embêtée pour trouver des noms ^_^


ps3: J'ai remis la phrase que tu aimais bien Hellgirl ^_^ mais je retravaillerais ce passage plus tard ^_^
# Posté le vendredi 07 septembre 2007 08:08
Modifié le dimanche 27 avril 2008 11:33